La zoothérapie auprès des personnes démentes

22 août 2017   

De plus en plus d'établissements accueillent des séances de zoothérapie,c'est devenu un outil reconnu auprès des personnes âgées atteintes de démences. La présence des animaux dans un but thérapeutique fait partie désormais de la plupart des établissements d'hébergement des personnes âgées dépendantes ou en perte d autonomie .

 

Face aux diverses démences dégénératives et non dégénératives, comment adapter notre pratique ?

Les comportements de ces personnes (errance, difficulté de concentration e d'adaptation, anxiété, agressivité, perte de repères spatio-temporel, cris...) diminuent grâce aux séances de zoothérapie et ainsi améliore la qualité de vie des bénéficiaires, des autres résidents et du personnel. La démence est un

enjeu de santé très important. Après avoir suivi une formation, les professionnels de santé peuvent intégré la zoothérapie dans leur pratique et dans le projet de vie des établissements.

 

Définition de la démence :

« Syndrome clinique caractérisé par une altération progressive des facultés cognitives et affectives suffisamment graves pour perturber le fonctionnement quotidienne et la qualité de vie. (source : Hill et al) C'est un dysfonctionnement du cerveau qui engendre des pertes de mémoires (qui vont aller en augmentant) et la difficultés à effectuer des gestes simples de la vie : se laver, s'habiller, faire à manger, s'occuper de son logement, retenir les rendez-vous, le nom de ses proches... La démence est très difficile et invalidante pour la personne malade mais également pour l'aidant accompagnant (famille) souvent désarmé face à cette situation.

 

La démence en France :

Elle touche près d’un million de personnes. Il existe plusieurs types de démence mais la maladie d’Alzheimer représente plus de 70 % des cas de démence, soit 3 millions de personnes directement concernées par la maladie d'Alzheimer, si l’on prend en compte l’univers familial des personnes affectées, plus de 225 000 nouveaux cas par an (1 personne sur 4 après l’age de 85 ans est touchée et 1 personne sur 2 environ après 90 ans). (Source : AIRMA) 5 à 10% des cas de démence sont d'origine vasculaire (accident vasculaire cérébral)

 

Les différents symptômes de la démence que doit connaître un praticien en zoothérapie :

– perte graduelle de la mémoire et des événements récents

– Incapacité à apprendre de nouvelles informations

– répétition des mots ou de syllabes : écholalie, communication confuse

– perte d'objets

– peut devenir agressif, anxieux, dépressif, agité ...

 

Cas concret d'une situation de zoothérapie auprès d'une personne démente

Comment l'intervention d'un animal peut contribuer à diminuer ces symptômes ?

Lydie, aide soignante de nuit et formée à la zoothérapie au Québec travaille dans un EHPAD (Établissement d'hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) au Val d'Ajol. Comme dans tous ce type d'hébergement, le personnel doit faire face à la démence de certains résidents qui rends difficile le travail du personnel et mets en péril la qualité de vie de tous les résidents.

Mme Marie D. y résidait depuis plusieurs années, elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer, ce qui l'a empêché de continuer à vivre avec son mari à leur domicile (son mari s'épuisait et n'arrivait plus à assumer cette maladie). C'est une personne attachante, avec des mots gentils mais elle peut devenir très agressive (sans raison évidente) avec son entourage, les professionnels et les autres résidents et elle déambule toute la journée et une grande partie de la nuit, jusqu'à l'épuisement.

Pour tenter de diminuer ces comportements dérangeants, Lydie a fait appel à sa chienne Y'oupie. Je demande à Marie si elle peut promener mon chien (la responsabiliser). Marie accepte et promène Y'oupie en laisse, elle lui parle. Marie a un objectif (promener le chien), elle ne marche plus sans raison. Elle est souriante, elle communique avec les autres résidents qui l'interpellent.

Quand marie fatigue je lui demande si elle veut s'asseoir et brosser Y'oupie puis la récompenser avec une croquette. Elle accepte avec grand plaisir et passe un très long moment de détente. Elle ne se lève pas et reste assise paisible.

Marie est ravie. Elle se souvient du nom du chien durant toute la séance. Elle passa un très bon moment, elle n'a pas été agressive le reste de la journée et elle a passé une bonne nuit. Le personnel de l'établissement est ravi du comportement (pas d’agressivité) de Marie lors du repas et du coucher.

 

RECOMMANDATIONS dans ce cas concret :

– Connaissance du bénéficiaire : identité, pathologie, symptômes, comportements...

– Observer le type d’errance ou de déambulation (cherche quelque chose, aucune raison...)

– Si agressivité : essayer de ne pas contraindre cette personne (sauf si danger) ceci ne ferait qu'augmenter son agressivité.

– Ne pas utiliser d'objets qui pourraient être dangereux pour la personne ou l'animal

– Si crise : attendre que ça passe

Introduire votre animal dans un contexte de personne agressive peut être très dangereux pour lui. Il faut être très prudent et avoir évaluer la situation au préalable.

 

Dans les situations de personnes atteintes de démence, la zoothérapie constitue un merveilleux outils :

l'animal calme, baisse les tensions et rassure. C'est une source d'attention, d'affection et d'amour inconditionnel. L'animal fait diversion. Le bénéficiaire oubli son état de santé, ses problèmes. Cette approche avec l'animal est une belle alternative aux traitements (calmants) médicamenteux.

Il y a plusieurs façons d'intervenir, pourvu que le bénéficiaire apprécie ce moment et ce qu'elle fait et ainsi atteindre un état de lâcher priser, de calme et de bien-être.